Je Rigole – Qui chante le matin est peut-être un oiseau

« Je rigole » est un trio emmené par Andoni Iturrioz à la guitare et au chant et complété par jean-Brice Godet à la clarinette et Xuan Lindenmeyer à la contrebasse. Il est originaire du Pays Basque. Et c’est leur premier album au bout de trois années de maturation et de rodage sur scène.

 

Je rigole - AlbumUn petit air de free jazz s’insinue doucement avec une montée régulière et débridée sur « c’est court », la ballade qui ouvre nonchalamment l’album de « Je rigole ». Le groupe procède d’une orchestration dépouillée et efficace faite d’une guitare classique et de clarinettes en couches formant une trame.Le titre opposait la passion amoureuse et la persistance du sentiment amoureux. On remarque une qualité certaine d’écriture des textes et, bonne surprise, chez « je rigole » ça swingue en français. L’amour 2.0 est évoqué sur « C’est cyber » sur un tempo posé des arpèges et une contrebasse. On se laisse prendre volontiers par la qualité de récitant de d’Andoni Iturrioz, à la voix chaude. Un peu de fougue sur « à l’ancienne » qui tutoie la nostalgie du temps passé et de ses valeurs. Un cran de plus dans l’énergie sur le très enlevé « Ils m’envient » qui garde la riche musicalité montrée jusque là. On est dans le subtile chez « Je rigole », pas dans le lâcher de watts. « J’ai vécu les étoiles » marque une rupture avec la chanson avec son texte rêveur dit sur un fond musical. On continue ainsi avec une alternance entre morceaux enlevés et morceaux plus romantiques et rêveurs (le trépidant « Mouvement » précède la douce « Émilie »). « Crève la France » interpelle dès son titre. On y parle d’une France tournée vers son passé et de l’avenir incertain de sa jeunesse. Le sujet est éminemment sensible et politique. C’est une transition dans un album qui jusqu’alors faisait dans le poétique rêveur et évocateur mais pas dans la prise de position. Comme quoi « Je respire » fait aussi de la chanson à textes, comme on dit lorsqu’on évoque quelqu’un qui s’engage. Cette parenthèse refermée, le groupe reprend son fonds de commerce entre tendresse (« Paris », ville cosmopolite) et rêverie. Nouveau texte dit, cette fois sans fond musical, avec « Tout à coup ». L’album se referme comme il avait commencé sur un petit côté free jazz avec le livre des noms.

 

« Qui chante le matin est peut-être un oiseau » est un album dont la variété fait du bien. Ses orchestrations tombent à propos. On remarque la maîtrise musicale dont font preuve ses divers intervenants. C’est un disque qui outre le fait de chanter divers chants d’oiseaux sait nous parler à l’oreille et nous parler de tas de choses intéressantes.

http://www.jaiveculesetoiles.com/

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