Chronique : Chocolate Pain – Bliss

Avec l’album Bliss, Chocolate Pain nous montre que l’artisanat n’est pas réservé aux pâtissiers mais aussi à la musique.

Chocolate Pain BlissIl aura fallu un certain temps pour que nous puissions résolument nous décider à prendre le moment d’écouter ce second album du trio grenoblois.

Bliss se présente comme un livre. C’est une histoire racontée sur 21 pistes dont Syd est un héros torturé et communicatif de ses sentiments. L’album est entrecoupé par des passages parlés, ce qui nous a certainement obligé à écouter Bliss d’un trait. C’est un bon moment à passer comme lorsqu’on se retrouve dans un roman et qu’il est impossible de s’arrêter. « Allez, encore un chapitre et j’éteins la lumière ».

Chocolate Pain se sont fait plaisir sur cet album, allant même jusqu’à s’offrir le studio des Forces Motrices à Genève (Virago, Lofofora, Hell’s Kitchen…). Le résultat est réussi et il n’est pas dit que ce disque ne finira pas dans l’auto-radio de la planconcert-mobile au moins pour quelques temps.

Musicalement c’est mélodique et dissonant. On pourrait penser parfois à  Virago (dont le chanteur Olivier est cité dans les remerciements) mais le chant nous rappelle définitivement Fugazi.

Cet album est un objet. Il dicte une histoire. C’est une pièce d’artisanat. Chaque chose à sa place et les finitions sont superbes. Il n’en fallait pas plus pour nous convaincre que cet album a été construit méticuleusement dans les règle d’un livre bien ficelé. Ne les ayant pas encore vu sur scène une question nous taraude. Cet esprit d’histoire est il mis en scène lors d’un concert de Chocolate Pain ? Sont ils costumés ? Syd est il aussi présent ? Nous le découvriront certainement en allant voir le trio sur les planches.

En attendant en voici un aperçu, « The Box », 7 ème titre de Bliss en live :

Bliss est criant de douleur et de désespoir avec des titres accrocheurs et maladifs. Le genre de disque qu’on écoute en boucle sous la couette un jour de pluie avec une bougie. Une phrase de Boris Vian inscrite dans la pochette carton résume assez bien l’esprit de cet album : « Le plus clair de mon temps, je passe à l’obscurcir, parce que la lumière me gêne. »

Retouvez Chocolate Pain sur Planconcert : http://www.planconcert.com/chocolatepain

Bliss, Chocolate Pain – extraits en écoute ici :